Existe-t-il en nous un espace capable d’accueillir ce que nous vivons,
sans jugement,
sans rejet,
sans lutte intérieure ?
Nous passons parfois des années à nous opposer à certaines parts de nous-mêmes.
Une émotion.
Une réaction.
Une fragilité.
Une peur.
Une colère.
Une sensibilité particulière.
Comme si certaines dimensions de nous ne devaient surtout pas exister.
Et pourtant,
plus nous luttons intérieurement contre ce qui est déjà présent,
plus cette tension finit par nous épuiser.
Prenons un instant.
Si vous le souhaitez,
essayez de répondre intérieurement à ces deux questions :
Cela peut concerner le corps,
les émotions,
le caractère,
certaines réactions,
ou des éléments plus profonds de votre histoire.
Maintenant,
regardez doucement l’un des aspects que vous avez du mal à accepter.
Sans chercher immédiatement à le corriger.
Sans chercher à le justifier.Simplement le regarder avec honnêteté.
Puis posez-vous cette question :
Serait-il possible,
ne serait-ce qu’un instant,
de cesser de lutter contre cela intérieurement ?
Observez ce qui apparaît.
Les résistances.
Les tensions.
Les “oui, mais…”.
Les jugements.
Les mécanismes de défense.

S’autoriser à voir plus grand,
ouvrir légèrement notre perspective.
Et si,
plutôt que de continuer à combattre cet aspect de nous-même,
nous essayions un instant de le regarder autrement ?
La nouvelle perspective devient alors plus profonde :
aimer ce que nous n’aimons pas en nous.
Cela peut sembler déstabilisant au premier abord.
Comment aimer ce que l’on rejette ?
Ce qui nous dérange ?
Ce que nous aurions voulu être autrement ?
Et pourtant,
aimer ce que nous n’aimons pas ne signifie pas tout approuver.
Cela signifie parfois simplement cesser,
l’espace d’un instant,
la lutte intérieure.
Poser les revendications du mental.
Relâcher les argumentations permanentes.
Desserrer les tensions.
Lâcher l’obligation immédiate de se corriger.
Accepter de dire :
« Oui,
cet aspect existe actuellement en moi.
Et je choisis de le regarder avec davantage de conscience,
de présence
et d’humanité. »
Cette attitude ouvre souvent un espace de détente intérieure.
Comme si le mental cessait progressivement de résister à ce qui est déjà là.

Très souvent,
nous associons l’amour de soi à une image idéale de ce que nous devrions devenir.
Mais il existe une forme d’amour plus profonde que la simple approbation émotionnelle.
Un amour plus vaste,
plus stable,
plus mature.
Une qualité de présence intérieure capable de regarder sans condamner.
Comme le regard sage et bienveillant d’un grand-parent qui voit au-delà des réactions immédiates.
Un amour-sagesse.
Un amour qui ne nie pas les difficultés,
mais qui cesse de faire de la lutte intérieure un mode de fonctionnement permanent.
Peut-être que “s’aimer comme on est” commence réellement ici.
Non pas dans une perfection imaginaire,
mais dans cette capacité à reconnaître ce qui est présent,
sans immédiatement se rejeter intérieurement.
Certaines approches comme l’EFT utilisent cette perspective à travers une phrase très simple :
« Même si je ressens cela,
je m’aime et je m’accepte complètement. »
Prenez un instant pour observer ce que cette phrase provoque en vous.
Une ouverture ?
Une résistance ?
Une tension ?
Une détente ?
Il n’y a rien à réussir.
Seulement écouter.
Un jour,
alors qu’une situation faisait émerger en moi de la colère,
j’ai réalisé qu’une partie de moi refusait complètement cette émotion.
Une voix intérieure disait immédiatement :
« Ce n’est pas bien d’être en colère. »
Et sans même m’en rendre compte,
je luttais contre ce que je ressentais.
Un ami me posa alors cette question :
« Serait-il possible d’accepter le fait de ne pas accepter d’être en colère ? »
À cet instant,
quelque chose s’est relâché.
Le mental n’avait plus de prise.
Il n’y avait plus à défendre,
à justifier
ou à combattre.
Seulement reconnaître ce qui était déjà là.
Et dans cette reconnaissance,
une forme de paix intérieure est apparue.
Le discernement commence peut-être aussi ici.
Dans cette capacité à voir clairement ce qui existe déjà en nous,
sans immédiatement chercher à le fuir,
à le corriger
ou à le rejeter.
Car ce que nous refusons continuellement finit souvent par gouverner notre vie dans l’ombre.
Alors que ce qui est reconnu avec conscience peut progressivement retrouver sa juste place.
Et parfois,
derrière cette réconciliation intérieure,
quelque chose de plus vivant recommence enfin à circuler.
Nathalie Dupont
Guide de discernement — fondatrice de l'Axe de Vie®
