Poser ses limites n’est pas seulement apprendre à dire « non ».
C’est un basculement intérieur.Peut-être avez-vous appris, très tôt, à vous adapter.
À faire plaisir.
À éviter les tensions.
À sentir ce que l’autre attend avant même de sentir ce qui est juste pour vous. Ce n’est pas un défaut.
C’est une manière de rester en sécurité quand votre propre espace n’était pas vraiment reconnu. Alors, sans vous en rendre compte, vous avez peut-être appris à vous fondre dans l’espace des autres.
À être présent(e), disponible, arrangeant(e).
Et peu à peu, une frontière essentielle s’est estompée :
où vous vous arrêtez, et où l’autre commence.
Votre territoire n’est pas une barrière.
C’est un espace vivant. C’est la sensation de votre corps, votre droit d’occuper la place que vous prenez,
de respirer, de ralentir, de vous tenir là, simplement. Quand on s’est longtemps effacé, le corps se contracte.
Revenir à son territoire, c’est lui permettre de se redresser, sans forcer. C’est aussi retrouver une frontière émotionnelle claire :
ce que vous ressentez vous appartient, ce que l’autre ressent lui appartient.
Vous n’êtes pas responsable de tout.
Et vous n’avez pas à porter ce qui n’est pas à vous.
Cette phrase change profondément la relation à soi.Si votre valeur dépend de ce que vous donnez,
chaque limite devient une peur :
peur de décevoir, peur de perdre le lien. Mais lorsque vous reconnaissez que votre valeur est là, même dans le silence, même dans le retrait, la culpabilité commence à se dissoudre. Vous pouvez ne pas être disponible
sans vous trahir,
sans vous justifier.
Les relations cessent alors d’être un effort permanent.
Elles deviennent plus vraies, plus simples, plus justes.
Une limite n’est pas seulement une phrase.
C’est une sensation. Un « non » calme, posé, enraciné.
Une stabilité dans le corps.
Une distance qui vous respecte. Et parfois, lorsque vous commencez à poser ces limites, une inquiétude surgit.
C’est normal. Dans ces moments-là, rappelez-vous :
vous êtes en sécurité dans votre espace, même si l’autre n’est pas content.
Poser ses limites, ce n’est pas s’endurcir.
C’est revenir au centre de sa propre vie. Cesser d’être en périphérie, et habiter pleinement sa place. Votre espace intérieur n’est pas un lieu à négocier.
C’est votre terre.
Et lorsque vous en redevenez souverain(e),
quelque chose s’apaise,
se rassemble,
et retrouve naturellement sa juste mesure.
Nathalie
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